Le galop appartient au cheval. Seul le taureau furieux s'en console, de sa charge. Car le galop n'est pas qu'une course effrénée, un emballement belliqueux, un élancement colérique, une fuite éperdue. C'est d'abord une envolée. La "course vers le champ de bataille d'un cavalier, accompagné d'un fantassin qui se tien à la crinière". Mais son origine ne saurait restreinde le galop à une attaque militaire. Bien sûr, l'histoire nous a conté ces heures, quand sonnaient les buccins, les cornes, les héroïques. Quand les peuples antiques, les barbares, les chevaliers faisaient fondre sur la mêlée le tonnerre de leurs chars, sabots, clameurs, l'éclair de leurs traits acérés, le choc des haches et des glaives Or un cheval galopant va un train que lui a donné la nature. Il galope comme saute une gazelle, un dauphin, passe un oiseau à tire d'aile. File le vent. L'avez-vous, dans l'oreille, cette cavale à trois temps? Sous vos pieds, la sentez-vous qui tremble et qui résonne? Comme un groondement de volcan. Savez-vous qu'il manque à prendre son envol? Au quatrième temps. Cest le silence du galop. Le cheval, suspendu dans les airs, retombe au pas suivant, sur terre. Il fallut attendre quelques millénaires, pour qu'on le sût, au siècle dernier. La photographie permis de décomposer cette allure que l'oeil ne put jamais appréhender. Galop devint parent de précipitation, d'affection cardiaque et d'engueulade.
Le galop, sa cadence, ses fracas. Ses cavalcades joyeuses. Levant sur les chemins des nuées soudaines, claquand des pluies sonores et précipitées. Mieux que la bise, faisant pleurer ses cavaliers. Le galop, tambour de l'écho.